guerir.org : tout faire pour mieux guérir du cancer, et le prévenir
   
     Accueil › Dossiers › L'eau potable et le cancer › Plomb
   
DOSSIERS
 
Plomb
Le 08/07/2009
Mot-clés : plomb, eau
La limite donnée par le code de la santé publique est actuellement de 25µg/L et passera à 10 µg/L le 25 décembre 2013.
 
Toxicité du plomb

L'ingestion de plomb via l'eau du robinet conduit aujourd'hui rarement à des cas de saturnisme une maladie caractérisée par divers troubles pouvant être irréversibles : ceux-ci concernent notamment la croissance, le développement du système nerveux central, le développement intellectuel et le comportement.

Cependant dans les années 1980, plusieurs centaines de cas de saturnisme d'origine hydrique dus à la présence conjointe de canalisations en plomb et d'une eau agressive étaient encore recensés, dans les Vosges notamment. Un traitement adapté des eaux agressives mis en oeuvre depuis lors a permis de diminuer fortement ce risque.

Aujourd'hui, les cas de saturnisme déclarés chaque année aux DDASS (492 nouveaux cas en 2002) sont pour la très grande majorité d'entre eux liés aux anciennes peintures dégradées contenant du plomb et pour d'autres à la proximité de sites industriels.

Néanmoins, le plomb passe dans le sang et perturbe de nombreux mécanismes biochimiques. Chez les enfants, l’intoxication au plomb peut provoquer le trouble de l’acquisition de certaines fonctions cérébrales supérieures, voire le ralentissement de la croissance. Chez l'adulte, le plomb peut être responsable de douleurs abdominales, de troubles neurologiques, d'anémie et peut être à l'origine d'une hypertension artérielle.

Populations les plus à risque

Les jeunes enfants, particulièrement ceux âgés de moins de 6 ans, constituent la population la plus à risque d'intoxication par le plomb. Tout d’abord, parce qu’un enfant porte spontanément les mains et les objets à la bouche, qui peuvent être contaminés par le plomb. De plus, chez l’enfant, près de 50% du plomb ingéré passe dans le sang alors qu’il n’y en a que 10% chez l’adulte. Pour une même exposition, les effets du plomb seront donc plus toxiques chez l’enfant, dont le processus de développement cérébral est, de surcroit, en cours. Enfin, le plomb passe la barrière transplacentaire et l'intoxication peut commencer dès la vie fœtale.

Les femmes enceintes sont également fortement concernées par la contamination au plomb. Au moment de la grossesse, le plomb éventuellement stocké dans les os de la mère antérieurement exposée est relargué dans le sang, peut contaminer le foetus, et se retrouver dans le lait maternel.

Eaux conditionnées


Figure 2 : Contribution des différentes sources aux apports de plomb en France.
Source : Hartemann, 1995

La contamination par l’eau et les aliments est la source de contamination principale.

Le plomb d'origine hydrique provient, pour majorité, de la dissolution des canalisations en plomb au contact prolongé d’une eau du robinet aggressive. La teneur en plomb dans l'eau du robinet dépend donc de la présence de ces canalisations en plomb et varie au cours du temps selon les pratiques d’usage.

Pour connaître la nature des canalisations du branchement desservant son habitation, il fait se renseigner auprès de sa mairie ou du distributeur d’eau. Dans les parties privatives, surtout si l’habitation a été contruite avant 1955, il est recommandé de faire appel à un professionnel pour repérer la nature des canalisations dans les réseaux privés.La norme AFNOR NF P 41-021 décrit la méthodologie de repérage à respecter.

Dans le cas d'une copropriété, il convient d'adopter une démarche collective dans la mesure où l'ensemble du réseau d'eau est constitué de canalisations communes et privatives.

La rénovation des installations privées au-delà des compteurs d’eau relève de la responsabilité individuelle des propriétaires qui peuvent bénéficier des subventions pour ces travaux (renseignements auprès de l'Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat).

Quoiqu’il en soit, il est important de vérifier ses canalisations, car au moment de l’achat d’un lot, l’état oblige qu’il n’y ait pas de peinture au plomb mais il n’y a pas de diagnostic obligatoire en ce qui concerne le canalisations en plomb.

Lorsqu’on est locataire ou en copropriété, il n’y a aucun texte obligeant le ou les propriétaires à changer les canalisations en plomb. Il faut démontrer que le seuil de plomb dans l’eau distribuée dépasse le seuil réglementaire pour que le propriétaire prenne en charge les frais de changement de canalisations. Il faut pur cela faire appel à la DDASS ou à un laboratoire spécialisé, ce qui est long et couteux.

Nécessité de changer les canalisations vétustes, en particulier dans les parties privatives

Pour lutter contre ce phénomène de dissolution du plomb des canalisations dans l’eau, le remplacement par d’autres matériaux est une solution (PVC, mais le problème des phtalates peut se poser, ou canalisations en cuivre). L’ajout dans l’eau de 1 à 2 mg/L de phosphates, ce qui est fait actuellement en région parisienne par exemple, est une autres solution. Mais c’est une solution à court terme cra elle ne suffira pas à faire respecter en 2013 la limite maximale de 10 µg/L de plomb dans l’eau. De plus cette solution pose le problème du rejet des phosphates dans l’environnement. M. Georges Popoff a calculé, à partir des données publiques, que pour la région Ile de France qui a produit 475 millions de m3 par an en 2007, l’ajout de phosphates à raison de 1 mg/L d’eau potable a représenté une injection de 457 tonnes de phosphates dans l’eau qui sont ensuite rejetés dans l’environnement.

Pratiques de consommation pour réduire la teneur en plomb dans l’eau potable

La mise en oeuvre de pratiques simples de consommation permet de réduire la teneur en plomb dans l'eau du robinet. Il suffit de laisser couler l’eau du robinet qui a stagné dans les canalisations quelques minutes. Cette eau peut servir pour la vaisselle par exemple.
 
>> Lire la suite du dossier : Polluants physico-chimiques : normes de qualité
   
   
Qui sommes-nous ?       Contactez-nous      Mentions légales      FAQ      Liens utiles      Comité de surveillance      HON Code      Charte du site