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DOSSIERS
 
Résidus médicamenteux
Le 23/06/2009
Mot-clés : médicaments, eau
15 % de la population mondiale consomme 80% des médicaments. Les principaux médicaments utilisés sont ceux pour le système cardiovasculaire, pour le système nerveux central et l’appareil digestif.
 
Le problème est que ces antibiotiques, les anticancéreux et les hormones se dégradent mal une fois rejetés et les stations d’épuration ne sont pas conçues pour éliminer ces médicaments. Les composés iodés, comme le iopamidol ou l’acide amidotrizoique, qui sont caractérisés par leur grande hydrophilie, sont particulièrement difficiles à être retenus au niveau des stations d’épurations et des filières de traitement des eaux.

La pollution vient aussi des médicaments non utilisés qui sont directement jetés aux eaux usées.

Une étude montre que les poissons mâles de la seine changent de sexe du fait des hormones rejetées : l’exposition des poissons à des concentrations de 0,1 ng/L de 17 alpha-ethylinoestradiol, un œstrogène de la pillule contraceptive, suffit pour provoquer la féminisation.

Une seule usine performante est équipée d’un système de nanofiltration, en région parisienne, sur le site de Méry-sur-Oise. Les membranes, dont les porosités sont 10 000 fois plus fines qu’un cheveu, filtrent les micropolluants difficiles à éliminer tels les virus, bactéries ou pesticides, la totalité des composés organiques et une partie des sels minéraux. Mais dans la majorité des cas, les résidus médicamenteux ne sont pas entièrement éliminés par les usines de traitement des eaux. Par exemple, une étude de Huber et al. (2004) montre que l’élimination de l’ibuprofène est d’environ 30 % dans une filière classique de traitement des eaux et passe à 80% pour les stations plus performantes.

LETTRE D'INFORMATION élaborée dans le cadre du projet européen KNAPPE (Knowledge and Need Assessment on Pharmaceutical Products in Environmental Waters) : "Les médicaments dans l'environnement, du patient à l'environnement"


I. Quelle quantité de médicaments consommons-nous ?

On estime que la consommation globale de médicaments produits et utilisés se chiffre à 100000 tonnes / an, ce qui correspond à une consommation moyenne mondiale de l’ordre de 15 g / personne / an.

Dans les pays industrialisés, où les personnes ont facilement accès aux médicaments, la consommation se situe, selon les estimations, entre 50 et 150 g / personne / an.

En règle générale, les médicaments délivrés sur ordonnance sont vendus en quantité dix fois moins importante que les médicaments sans ordonnance. Parmi ces derniers, le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine sont les plus utilisés.

50 composés représentent 95% de la quantité totale consommée dans l’Union Européenne. Pour la thérapie humaine, les analgésiques (anti-douleurs), anti-inflammatoires, antibio-tiques, antidiabétiques, antiépileptiques, bétabloquants, diurétiques, laxatifs, mucolitiques sont utilisés en plus grosse quantités


II. Comment les médicaments se retrouvent-ils dans notre environnement ?

Il existe trois façons selon lesquelles les produits pharmaceutiques peuvent se retrouver dans l’environnement.

La source minoritaire correspond aux rejets industriels ou à une fuite lors des procédés de fabrication. Une autre source est les rejets des médicaments non utilisés dans les toilettes ou la poubelle. Enfin, l’utilisation de médicaments par les patients (chez eux ou dans les établissements spécialisés) est la source principale d’émission de produits pharmaceutiques dans l’environnement.

Les résidus des médicaments ingérés par le corps humain sont excrétés par notre organisme dans les urines ou les selles. Ils parviennent, via les eaux usées, aux stations d’épuration. Là, ils sont dégradés ou concentrés dans les boues. Si ce n’est pas le cas, ils sont rejetés par les stations d’épuration et pénètrent dans l’environnement. Les plus persistants peuvent même passer au travers des traitements de potabilisation ultérieurs et se retrouver dans l’eau potable.


III. Danger et risque pour l’environnement

Le danger d’un produit pharmaceutique réside dans sa toxicité, sa dégradabilité et son potentiel de bioaccumulation dans les graisses par exemple les poissons. Une substance dangereuse ne menace pas automatiquement l’environnement : il existe en effet une relation dose/effet.

Les médicaments sont présents dans les milieux aquatiques à des concentrations pouvant aller jusqu’au mg/L (partie par billion). En l’état actuel des connaissances, on peut dire que les concentrations mesurées n’ont pas d’effets immédiats sur les animaux ou les plantes. Le risque d’effets néfastes à long terme devrait être faible mais certaines études mentionnent des effets négatifs.


IV. Sensibiliser le grand public sur les rejets de médicament dans l’environnement

De petites actions peuvent être importantes dans la sauvegarde et la protection de notre environnement. Parmi les nombreuses voies possibles pour réduire la présence de médicaments dans l’environnement, les plus pragmatiques seraient de limiter la quantité de médicaments prescrites et réduire ainsi la consommation globale et mettre en place des mécanismes plus efficaces de retour des médicaments non utilisés/périmés.

Stopper l’entrée de résidus de médicaments dans l’environnement doit être la cible privilégiée en matière d’éducation du consommateur. Chacun doit bien être conscient qu’il peut contribuer à la protection de l’environnement en réalisant de simples actions pour réduire les dépôts non appropriés des médicaments périmés ou non utilisés. Bien que des études montrent que seulement une faible portion des résidus médicamenteux pénètrent l’environnement par ces rejets inadaptés, il est important de réduire leur impact à s’adressant à la source.

Comme décrit dans ce document, les médicaments non utilisés ne doivent pas être jetés dans les toilettes ou dans l’évier. Demandez à votre pharmacien la procédure de retour des médicaments périmés ou non utilisés.

De tels mécanismes de retour à l’officine sont actuellement disponibles dans 20 pays européens.

La demande du public pour un environnement durable et une bonne qualité de l’eau est en constante croissance. Des progrès sont réalisés tous les jours, mais les améliorations continues des méthodes de traitement des eaux, des coopérations entre les acteurs concernés (médecins, pharmaciens, consommateurs, producteur d’eau, industriels) ainsi qu’un plus grande implication des pouvoirs publics sont encore et toujours nécessaires.
 
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